mardi 12 juin 2018

Livre "Le Collectif à venir", Psychiatrie, psychanalyse, psychothérapie institutionnelle


Le Collectif à venir

Psychiatrie, psychanalyse, psychothérapie institutionnelle 

Le Collectif à venir

https://www.editions-eres.com/ouvrage/4254/le-collectif-a-venir


Le Collectif à venir indique d’emblée la dimension et le projet politique de ce livre, au sens de : comment s’organiser, comment se regrouper, comment agir ensemble ? Ou encore : comment créer du commun ?
Les auteurs rassemblés par La Criée, association créée en 1986 à Reims, exercent dans des institutions psychiatriques. En s’appuyant sur ceux qui les ont précédés, et en particulier sur la pensée de Jean Oury, ils témoignent de leur résistance opiniâtre contre les folies évaluatrices et les volontés de mise au pas de la Haute Autorité de santé, qui s’institue aujourd’hui en « police de la pensée » du soin et des pratiques. Ils montrent comment leur clinique prend sens dans un collectif à construire et à entretenir en ayant le souci de tenir le cap des « praxis instituantes », autrement dit de relancer sans cesse la création de lieux d’accueil et de soins qui s’appuient sur la créativité et la parole mise en acte de ceux qui s’y tiennent : patients, soignants, mais aussi familles et personnes concernées.

"Se raser dans la rue".Mary Dorsan, samedi 10 juin 2018.


Se raser dans la rue.

Vendredi 8 juin 2018, neuf heures, l’hôpital de jour ouvre ses portes. Un patient entre au poste de soin et s’adresse aux soignants : « Ce matin, je me suis rasé dans la rue. Devant un camion. Enfin, dans le rétroviseur. Il n’y a pas de miroir dans ma chambre d’hôtel ».
Je suis infirmière et écrivain et j’ai honte. Du service public. Dès neuf heures du matin.
Voilà ce matin les premiers mots de Gaëtan, trente ans, schizophrène, halluciné, délirant malgré son traitement médicamenteux lourd et ses effets secondaires encore plus lourds (Gaëtan bave abondamment et chie difficilement).
Je vois Gaëtan face à moi, j’écoute Gaëtan qui me parle et je me dis qu’à l’hôpital psychiatrique du Rouvray, des infirmiers font la grève de la faim. Pour obtenir des postes de soignants supplémentaires.  Ainsi que l’ouverture de deux services spécialisés. L’un pour les adolescents, l’autre pour les détenus. Ces soignants grévistes ne supportent plus la présence d’enfants perdus parmi des adultes parfois virulents, souvent agités, aux regards intenses ou hagards (lorsqu’ils sont si sédatés que se sont les murs qui les tiennent debout, que ce sont leurs pyjamas qui leur donnent forme).  Ils s’inquiètent de la cohabitation de détenus avec des patients (comme des adolescents) qui ne le sont pas…
Face aux tutelles (au mieux silencieuses au pire indifférentes), des infirmiers ont cessé de s’alimenter et affirment que la clef à molette qu’est le neuroleptique dans le garage de l’hôpital ne suffira jamais à soigner les malades.
Les soignants grévistes affirment qu’eux-mêmes comptent autant sinon davantage que les milligrammes. Même si une relation, un lien, leur qualité, leur profondeur, ne se mesurent pas.  
Ce matin, avant de venir au travail, chez moi où mon fils peut se raser devant un miroir (placé au-dessus d’un lavabo neuf dans notre jolie petite salle de bain récemment rénovée), chez moi dans le bureau de mon mari (sur son ordinateur haut de gamme toujours allumé), j’ai lu que l’un des grévistes de la faim avait été hospitalisé car les médecins craignaient pour lui des séquelles irréversibles.
Antoine (cinquante ans, schizophrène, halluciné, délirant malgré les traitements lourds aux effets secondaires invalidants) n’a pas eu d’eau chaude cet hiver pour prendre sa douche à l’hôtel social. Ça a duré un mois - le froid, l’attente - avant que la tutrice du patient et l’équipe du Centre Médico-Psychologique parviennent à obtenir la réparation des sanitaires par le gérant de l’hôtel.  
Justin (cinquante-sept ans, schizophrène, halluciné, délirant malgré…) mange froid tous les jours depuis dix ans à l’abri de nos regards, dans sa chambre d’hôtel parce qu’il n’a pas le droit d’y installer un micro-onde. Il lui est aussi interdit d’y brancher une bouilloire électrique. Risque d’incendie, lui oppose-t-on. Question de sécurité. Affaire d’assurance. Justin ne peut pas boire de thé ou café. Non, pas de boisson chaude, au réveil pour lui.  Vous le supporteriez, vous ?
Aucun de ces hommes n’a la flemme. Aucun n’est feignant. Tous rêvent d’un travail, d’un appartement, d’une femme, d’enfants, d’une vie meilleure. Mais ils sont apragmatiques. L’apragmatisme est un symptôme de leur maladie. L’apragmatisme, c’est une absence d’élan. Une incapacité à agir. A mener à bien une action, un projet. C’est de l’apathie extrême, un ralentissement, une hésitation permanente, un recul récurrent. Une souffrance lancinante.
Mourad (trente-cinq ans, schizophrène, halluciné, délirant malgré…) a cassé son lit à l’hôtel social. Un an auparavant. Le gérant refuse de remplacer le cadre au prétexte que Mourad brisera sans tarder le nouveau lit.
Combien de lits ont été supprimés dans les hôpitaux psychiatriques depuis trente ans pour les patients pris en charge par ce secteur ? Les chiffrent impressionnent…
Quand l’ambulatoire c’est la rue, le trottoir, un banc dans parc ou une gare ; quand l’ambulatoire c’est l’hôtel social ; quand l’ambulatoire c’est de trois à cinq ans d’attente pour un appartement thérapeutique associatif, autant d’années pour une place en maison-relai… Comment affirmer que la réduction de ces lits constitue un progrès ?
Combien de malades mentaux sont SDF ? Clochards ? Le pourcentage choque…
Ceci se passe dans le sud de la France. Et aussi au nord de l’Hexagone. Au cœur de la capitale, à sa périphérie également.  Les grandes villes de l’est et l’ouest ne sont pas épargnés non plus.  C’est la météo du néo-libéralisme. Le résultat des turbulences de l’envie et du mépris. La brûlure de la cupidité.  La froideur de l’égoïsme.
(Faut-il préciser que le patient paie l’hôtel social avec les aides qu’il reçoit de l’Etat ? Que sa chambre minable lui coute très chère ? Que c’est un propriétaire privé qui, au final, empoche les aides ?)
Vendredi 8 juin 2018, en soirée, à la terrasse d’une brasserie de ma banlieue verdoyante (vingt-cinq centilitres de bière moussent sur la table devant moi ; le liquide, les bulles légères amères effacent ma journée éreintante à l’hôpital), mon mari (un barbu à la peau mat) m’apprend, lisant les dernières dépêches sur son téléphone portable, que les infirmiers grévistes au Rouvray ont eu gain de cause.
Il a fallu ça. Une grande grève de la faim collective.
Quel acte pour obtenir un logement décent, un vrai chez soi, pour Gaëtan, Antoine, Justin, Mourad et tous les autres ?
Qui d’autre que moi a honte ? 


Mary Dorsan, samedi 10 juin 2018.

samedi 9 juin 2018

A l’hôpital psychiatrique du Rouvray, les grévistes fêtent leur victoire

A l’hôpital psychiatrique du Rouvray, les grévistes fêtent leur victoire

Après deux mois de mobilisation et quinze jours de grève de la faim menés par sept salariés, les personnels de l’hôpital psychiatrique de Saint-Étienne-du-Rouvray, en Normandie, ont obtenu la création de trente postes. Et surtout, ont fait bouger les lignes de leur hôpital.
Saint-Étienne-du-Rouvray (Normandie), de notre envoyée spéciale.- Faut-il désormais mettre sa vie en danger pour obtenir la possibilité d’exercer son travail dans des conditions décentes ? La mobilisation et les journées de grève de la faim menées depuis le 22 mars par les salariés de l’hôpital psychiatrique de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen, ont fini par payer. Le personnel a obtenu de l’agence régionale de santé (ARS) la création d’une trentaine de postes sur les 52 exigés, la création d’une unité pour les adolescents, et d’une autre pour les détenus. L’ARS n’a pas confirmé à cette heure le contenu de l’accord, mais a promis de le révéler par un communiqué.
Durant deux mois, quoi qu'ils fassent – manifestations, occupations, interruption de la visite présidentielle du CHU de Rouen –, les salariés se sont heurtés au silence de leur tutelle, l'agence régionale de santé. De guerre lasse, le 22 mai, sept salariés encartés dans quatre syndicats (CGT, CFDT, CFTC, SUD) ont entamé une grève de la faim. L'évacuation par le Samu de trois d'entre eux, lundi 4 juin, a fait encore monter la tension d'un cran. Le 7 juin au matin, une manifestation mêlant soignants et cheminots a bloqué la zone industrielle et le pont Mathilde jusqu'à ce que Christine Gardel, directrice de l'ARS, accepte de revenir à la table des négociations.
« Depuis hier, le ton de l’ARS a un peu changé, et c’est déjà une petite victoire. Nous allons maintenant accueillir Mme Gardel par le même silence que celui qu’elle nous réserve depuis deux mois », annonçait jeudi 7 juin Lydia Muis, déléguée CGT, lors de l'AG précédant les négociations. La délégation mêlant syndiqués et non syndiqués est revenue régulièrement devant l'assemblée générale pour faire état de l'avancement des négociations, qui se termineront le lendemain à 15 heures.
Lors de l'assemblée générale, à l'hôpital du Rouvray, le 7 juin 2018. © ES Lors de l'assemblée générale, à l'hôpital du Rouvray, le 7 juin 2018. © ES
« Le protocole de fin de grève a été adopté à l’unanimité par l’assemblée générale », constate vendredi le cégétiste Sébastien Ascoet. Les salariés ont interrompu leur grève de la faim sous les hourras de leurs collègues. « C’est vraiment une victoire. Ces trente postes ne sont pas pris sur le budget d’autres hôpitaux, ils sont pérennes et budgétés. On en fait ce qu’on veut, et le rapport de force sera au rendez-vous pour les attribuer dans les différents pavillons, et remettre les effectifs au niveau », récapitule le militant.
Ces trente postes constituent une bouffée d'oxygène pour un établissement qui – là comme dans de nombreux autres endroits – croule sous la surcharge. « Quelques jours avant le 22 mars, l’accueil a commencé à nous envoyer des patients directement dans les services, alors qu’ils doivent normalement passer par un premier diagnostic avant d’être orientés », relate Sébastien Ascoet.
Le fossé toujours grandissant entre les effectifs soignants (+ 0,5 % entre 2014 et 2016) et les hospitalisations (+ 8,4 % sur la même période) a abouti à une totale saturation du centre hospitalier. « Chaque matin, lorsque le service se réunit, on se demande lequel de nos patients est le moins malade, pour libérer un lit afin de pouvoir en faire entrer un autre. On les fait sortir alors qu’ils ne sont pas stabilisés… Et ils reviennent ensuite dans un état plus grave, mais dans l’intervalle, ils ont libéré un lit », explique une médecin qui tient à rester anonyme.
 Des pelouses de l'immense parc qui entoure l'hôpital psychiatrique, montent de terribles histoires, devenues pour les soignants d'une triste banalité. Ce jeune, laissé à l'isolement cinq jours de plus que nécessaire, faute de lit. Ces malades qu'on bourre de cachets parce que les personnels hospitaliers n’ont pas le temps de mener avec eux des entretiens de réassurance. Cette grand-mère, qu'on couche sur un lit de camp coincé entre deux autres, à trois heures du matin, lui ôtant la possibilité de se déplacer avec un déambulateur, ou encore le patient, qu'on met à l'isolement, pour être sûr qu'il ne se suicide pas pendant qu'on en prend d'autres, plus urgents, en charge… Le manque de moyens de la psychiatrie publique ne date pas d'hier. Mais pour les soignants, un seuil critique a été dépassé.
La sur-occupation du CHU a commencé selon les « anciens » en 2012. Les baisses d'effectifs, elles, remontent à deux décennies. René Navarette a 58 ans, dont 37 de bons offices au Rouvray. Arrivé en 1974 comme agent des services hospitaliers, il est ensuite devenu infirmier de secteur psychiatrique. « Lorsque je suis arrivé, on pouvait emmener les patients se promener, et même en séjour thérapeutique à l’extérieur de l’hôpital, pour qu’ils renouent avec l’envie de la “vraie vie”, hors de l’enceinte du Rouvray. On pouvait jouer aux cartes, aux dominos, autant de supports de soins aujourd’hui disparus », se remémore l'infirmier. Il vit alors la « belle époque de la psychiatrie ».
« Après l’hécatombe de la Seconde Guerre mondiale, émerge l’idée que la psychiatrie, ce n’est pas l’enfermement, qu’il faut sortir de la logique de l’asile, et que c’est le soignant qui doit aller à la cité, et non l’inverse. Commence alors le mouvement de “sectorisation”. On maille le territoire avec des unités de proximité : centre médico-psychologique, hôpitaux de jour, centre d’accueil et de crise. À chaque secteur géographique une équipe de soignants qui suivent le patient, qu’il fréquente l’hôpital ou ces unités », raconte Jean Vignes, infirmier psychiatrique et ancien secrétaire général de Sud Santé Sociaux. L'hôpital du Rouvray est précurseur en la matière et implante des structures dans les quartiers populaires. Cette politique porte ses fruits, et la fréquentation de l'hôpital psychiatrique diminue.

« Les rapports de force ont bougé »

Dans les années 1980, les restrictions budgétaires commencent, et on profite de cette baisse de fréquentation pour fermer des lits. Mais la diminution de moyens alloués à l'hôpital se poursuit, et les centres médico-psychiatriques (CMP) et autres structures locales deviennent les variables d'ajustement. « On a pompé sur ces équipes extra-hospitalières pour renforcer l’intra-hospitalier. Peu à peu, on a regroupé des CMP pour “mutualiser les moyens”, au détriment de la proximité des soins. Par exemple, le CMP du Petit-Quevilly a absorbé celui de Petit-Couronne. Je pense que l’on a gardé seulement un dixième des patients de Petit-Couronne », estime René Navarette. En l'absence de structure de proximité, les malades se soignent moins. Ils sont pris en charge par leur famille. Et ne consultent que lorsqu'ils en arrivent à la crise… les urgences de l'hôpital psychiatrique.
Cette évolution est propre à l'organisation de la psychiatrie publique, domaine totalement abandonné depuis la fin des années 1990. À cela s'ajoutent les problèmes auxquels se heurtent tout le secteur hospitalier. Au nom de l’efficacité, du nouveau management, de la tarification, des économies, le monde hospitalier vit depuis des années sous tension. Les effectifs fondent comme neige au soleil à chaque réorganisation.
René Navarette, infirmier de secteur psychiatrique. © ES René Navarette, infirmier de secteur psychiatrique. © ES
Les dix secteurs adultes de l'hôpital du Rouvray et les trois secteurs de pédo-psychiatrie ont été réorganisés en trois pôles dans la foulée de la loi HPST (Hôpital patient santé territoire), en 2009. La concurrence a été organisée entre eux : chacun des trois pôles lutte pour obtenir le plus de moyens.
À l'échelle supérieure, le combat pour les moyens se joue entre les hôpitaux du Havre, de Dieppe et du Rouvray. « Nous sommes les mieux dotés sur la Normandie, et l’ARS essaie chaque année de nous prendre des postes pour les affecter aux autres hôpitaux. Mais la Normandie est elle-même très mal dotée. Pour maintenir le service public en France, il faudrait une augmentation annuelle de 4 % des dépenses de santé publique. Elle est aujourd’hui en moyenne à 2,1 % au niveau national. Pour la Normandie, seulement de 1,4 % », explique encore René Navarette.
La mobilisation des infirmiers et des aides-soignants a soulevé un autre problème, au sein de la communauté médicale. Car le débat sur la présence – ou pas – du président de la Commission médicale d'établissement (CME), Sadeq Haouzir, lors des négociations avec l'ARS a rendu leur déroulement plus complexe. Les syndicalistes ont refusé, mardi soir, d'ouvrir les négociations sans avoir la certitude que le « patron des médecins » de l'établissement n'y participerait pas. « Il a été signataire à la dernière minute de la pétition de soutien aux grévistes de la faim. L’ARS a essayé de l’imposer lors des négociations. Or nous n’avons pas besoin de lui pour négocier, nous ne savons pas à quel point ce soutien est sincère, ou opportuniste », explique Sébastien Ascoet. Ce dernier évoque le management très autoritaire du praticien hospitalier.
L'homme a été élu en 2011, par ses pairs, à la tête de la CME. Selon ses détracteurs, il co-dirigerait l'hôpital avec le directeur général, dont les pouvoirs ont été renforcés par la loi HPST de 2009. Sadeq Haouzir aurait ainsi tout pouvoir sur les carrières de ses collègues et ne se priverait pas de le faire savoir. Une omerta s’est installée dans la communauté médicale : nombre de médecins n'ont pas voulu répondre à nos questions sans avoir une garantie d’anonymat. Aucun des postes d'internes dans son service ne serait pourvu pour ces raisons. Huit jeunes médecins ont quitté l'hôpital, las de l'ambiance délétère qui y régnerait.
Le premier d'entre eux, Fethi Brétel, en disponibilité depuis deux ans après un conflit avec Sadeq Haouzir, a posté sur le blog de Mediapart son analyse de la situation« Je me suis vu reprocher mon refus de réduire mes entretiens à 15 minutes… Chef de mon service, Sadeq m’a envoyé de plus en plus de patients. J’ai pris rendez-vous avec les praticiens hospitaliers et je leur ai dit que je ne pouvais diriger mon service dans ces conditions. Le lendemain matin, un médecin à sa solde venait me remplacer à la tête du service », expose le psychiatre. Un autre de ses collègues, qui tient à rester anonyme, témoigne : « Il accepte la politique économique, et fait au mieux avec cette situation. Dans ce service, on préfère accorder des soins rapides, à un maximum de gens, quitte à ce qu’ils doivent revenir ensuite. C’est vrai qu’il peut y avoir une sensation de “vite fait”. »
Contacté par Mediapart, le président de la CME réfute ces critiques. « La communauté médicale a soutenu depuis le début la grève sur le fond : avec 3 % d’augmentation de la file active tous les ans, on va dans le mur. Mais nous ne soutenons pas sur la forme. On ne voulait pas de blocage de l’hôpital comme il y a pu en avoir par le passé », avance Sadeq Haouzir. Selon lui, la directrice de l'ARS aurait exigé sa présence en négociation, contre son gré. Quant au conflit qui l'opposerait à une partie de médecins de l'hôpital, il assure « n’avoir aucun pouvoir ni sur les carrières, ni sur les primes », et dénonce les « fake news » lancées par ses adversaires. « Que nous accueillions un ou mille patients, le financement de notre hôpital est le même. La seule pression que nous subissons est celle de la population, qui consulte et se fait de plus en plus hospitaliser. J’essaie d’assurer le service dans ces conditions. C’est la vraie question. »
« La grève a fragilisé la communauté médicale », constate Sébastien Ascoet. Alors que Sadeq Haouzir avait appelé à l'unité du corps médical, deux de ses confrères, Gilles Barthes et Basile Gonzales, ont lancé une pétition en soutien à leurs collègues infirmiers et aides-soignants, paraphée ensuite par 47 de leurs collègues. « Pour la première fois, un gros volume de collègues se sont soustraits à l'autorité de Sadeq Haouzir. C'est d'ailleurs comme cela que nous nous expliquons sa signature de la seconde pétition, lancée, elle, par les infirmiers et aides-soignants en grève. Il a senti le vent tourner », décrypte un de ses collègues sous le sceau de l'anonymat. « Les rapports de force ont bougé », commente Sébastien Ascoet.
Sur Twitter, les dirigeants politiques qui ont soutenu la grève – Benoît Hamon, Éric Coquerel – partagent leur joie. Et aussi un peu leur inquiétude. Trente postes pour quinze jours de grève de la faim, c’est quand même cher payé. Pour l’heure, les grévistes ne veulent pas voir leur victoire assombrie. Ils fêtent cela avec du yaourt à boire.

lundi 4 juin 2018

Manifeste pour une fédération des pratiques.02 juin 2018 Rencontres de la Criée

Manifeste pour une fédération des pratiques.
Depuis plus de 20 ans, le champ de la folie a connu une destruction renforcée des institutions par les politiques de « santé mentale », destruction s’appuyant sur un utilitarisme économique et subjectif avec son cortège de découragement et de résignation.
Les analyses critiques expliquant la destruction de la psychiatrie dans un sens humaniste et émancipateur abondent. Devant ces éclairages tant pertinents qu’accablants, les perspectives proposées se fondent souvent sur des formes ou des modèles préexistants (le secteur, le conseil national de la résistance, la psychothérapie institutionnelle etc.). S’il est nécessaire et même indispensable de s’appuyer sur l’histoire des pratiques, des luttes et des rêves de séquences antérieurs, ils ne peuvent suffire pour résister au présent. La posture de résistance est elle-même insuffisante tout comme celle de défense des acquis.
Une nouvelle strate est à construire, un support pour nous rassembler, retrouver de l’énergie, et reconstruire l'imaginaire de nos praxis en échangeant entre nous.
Depuis dix ans, nous assistons à des émergences créatrices de nouvelles formes de pratiques et de luttes, de nouvelles circulations entre des lieux (qu’ils soient de soins, de création, d’espaces citoyens et associatifs), entre des personnes autrefois séparées par des catégories étanches (usagers-patients, familles, professionnels). Toutes ces pratiques inédites ne sont ni suffisamment visibles ni suffisamment audibles dans notre société. Pourtant elles existent et concourent à fabriquer du nouveau là où elles existent.
Depuis dix ans ces formes nouvelles de liens se construisent partir d’autant de lieux différents qu’il y a de pratiques et de personnes désireuses de les faire vivre (cliniques, politiques, militants, associatifs…).
Aujourd’hui, un lieu de rassemblement apparaît nécessaire puisque ces formes instituantes s’appuient toujours sur un certain rapport à l’institué, que ce soit celui d’un service public, d’une association, d’un syndicat, d’un collectif ou autre.
Or l’époque est à la destruction de ce qui est institué dans une direction non utilitariste (les services publics dont l’hôpital public, les protections et sécurités sociales, les associations etc.), ce à quoi nous nous confrontons au quotidien dans nos lieux de travail, de soins, de vie.
Pourtant dans cette fragmentation du lien social – et peut-être dans une certaine mesure à partir d’elle- de nouvelles articulations dans les pratiques surgissent. Au cloisonnement toujours plus intense des établissements, des personnes et des statuts de chacun répondent de nouvelles circulations entre les gens et les institutions. Nous pensons à l’émergence du TRUC (terrain de rassemblement pour l’utilité des clubs) où des collectifs de soins (patients et soignants) se retrouvent de façon régulières et itinérante pour discuter, construire, fédérer des initiatives et des désirs à partir de leurs pratiques locales.
Nous pensons également à de nouvelles façons de s’associer et de penser le politique entre « usagers »/patients, professionnels, ex-psychiatrisés, chercheurs, universitaires, artistes, citoyens (l’association Humapsy, le CRPA, le collectif des 39, la Main à l’oreille, le RHAPP, le confCAP et le collectif CAP Droit, le fil conducteur, la FIAC, la Criée…)
Nous pensons à celles et ceux qui tiennent – ou tentent de tenir- là où ils sont avec des supports divers (syndicats, collectifs soignants, réseaux militants, associations, mouvements sociaux).
Nous proposons de rassembler ces initiatives pour continuer de construire ces nouvelles circulations, pour échanger, tenir et inventer localement et, en se rassemblant, de créer une strate plus large au niveau de la société.
Le pari serait de construire un lieu de rassemblement sur le mode fédératif, à partir des pratiques collectives qui se confrontent aux réalités concrètes et qui tentent de les transformer. En se passant de tout centre dirigeant, de tout programme pré-établi, mais en se tenant au plus près du surgissement clinique et politique. Et en incluant toutes les initiatives existantes qui voudraient s'y adjoindre, en enrichissant ainsi cette nouvelle forme qui s'appuierait ainsi sur les strates précédentes.
Nous sommes toutes et tous des fragments de la société qui peuvent se rassembler, agencer de nouvelles formes, composer de nouvelles forces.
Quoique présente depuis quelques décennies, la situation est nouvelle et impose d’y répondre de façon nouvelle, d'où la nécessité d'une nouvelle forme à construire en commun.
D'où cet appel destiné à tous ceux qui se sentiraient concerné(e)s, et aimeraient se coordonner, sur un mode qui reste à construire en tenant compte des singularités mais aussi de la nécessité d'un rassemblement.
Pour le forum du samedi 2 juin des rencontres de la Criée

Au jour le jour, à la nuit la nuit Un film fait à La Borde qui capte si bien la portée du soin psy dans la vie quotidienne.

Au jour le jour, à la nuit la nuit
Un film fait à La Borde qui capte si bien la portée du soin psy dans la vie quotidienne.
Vous êtes invités :
Projection & Débat
avec Anaëlle Godard, réalisatrice
Denis Parviz (psychiatre de secteur) et Carlos Parada
au Cinéma Le Vincennes
Le JEUDI 14 JUIN à 20h





Le genre de film qu'on se dit : "j'aimerais tant que mes collègues voyent ça...", alors venez à plusieurs.

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 sur le web ça multiplie !

- pour une meilleure organisation merci de réserver en ligne -

dimanche 3 juin 2018

Communiqué de soutien aux personnels du Rouvray Quand la Non-assistance à personne en danger est nommée « progrès médical » Reims, le samedi 2 juin 2018

Communiqué de soutien aux personnels du Rouvray
Quand la Non-assistance à personne en danger
est nommée « progrès médical »
Reims, le samedi 2 juin 2018
Depuis plus d’une semaine un mouvement de lutte inédit se déroule dans le champ psychiatrique à l’hôpital psychiatrique du Rouvray. Après avoir commencé une grève illimitée depuis deux mois, des personnels ont décidé de se mettre en grève de la faim le 22 mai 2018 pour alerter et arrêter les destructions massives des soins prodigués aux patients des secteurs psychiatriques de cet hôpital.
Cette grève de la faim pour empêcher la fin de l’outil de soin lui-même est une forme extrême de lutte où la conflictualisation désormais impossible dans le champ social ne trouve que le lieu du corps pour s’exprimer.
Nous souhaitons soutenir les personnels en lutte ainsi que les patients et leurs familles qui sont l’objet d’une telle destruction du soin. « Les progrès médicaux », « les innovations dans les organisations de soins », les « améliorations de la qualité » ne sont que les mots publicitaires d’une non-assistance à personnes en danger généralisée à l’échelle d’un hôpital, d’une population et d’un pays.
Non-assistance à personnes en danger pour les patients et les soignants du Rouvray et d’autres hôpitaux en lutte.
Non-assistance à personnes en danger quand les formes de lutte des personnels deviennent difficiles voire inopérantes car ils pallient au quotidien les destructions entreprises depuis de nombreuses années.
Non-assistance à personnes en danger quand la conscience éthique devient souffrance.
Non-assistance à personnes en danger quand toutes ces réorganisations produisent des suicides au travail, des suicides de patients ayant des troubles psychiques, du désespoir et de la souffrance de leurs familles.
Non-assistance à personne en danger devant la grande difficulté d’accès aux soins, les carences voire les absences de soins, pouvant aller jusqu’au décès, chez les personnes prises en charge dans les hôpitaux généraux.
Cette non-assistance à personne en danger s’avère, en réalité, une non-assistance à société en danger.
Amplifions le cri poussé par les personnels du Rouvray, et faisons nous en l’écho afin qu’il devienne insupportable aux oreilles du pouvoir. Convergeons vers le Rouvray, convergeons vers tous les lieux en lutte, convergeons jusqu’à nous retrouver pour créer le contre-pouvoir nécessaire afin de conjuguer résistance au présent et création au futur.
Les 400 participants aux rencontres de la C.R.I.E.E
(Collectif de Recherche sur l’institutionnel et l’éthique) à Reims
http://lacriee51.blogspot.com/

samedi 12 mai 2018

PROGRAMME DE LA CRIÉE 2017/2018 Fini


PROGRAMME DE LA CRIÉE 2017/2018

L’imaginaire dans la clinique





Nous avons, les années précédentes, travaillé sur « le Collectif à venir », ce qui nous a conduit à relire plusieurs séminaires de Jean Oury, mais aussi à revisiter la catégorie de l’imaginaire. L’enjeu des « praxis instituantes » pour reprendre le terme de Pierre Dardot et Christian Laval, nous a renvoyés à une première lecture de l’élaboration de Cornelius Castoriadis. Celui-ci produit très tôt la catégorie de l’imaginaire radical, à entendre dans ses deux acceptions : à la racine du sujet, mais aussi dans  son inscription dans les« productions imaginaires du social-historique ». Là où Lacan mettait le symbolique, puis le Réel, au cœur de la problématique du sujet, Castoriadis place donc l’imaginaire radical, manière de se détacher très tôt du structuralisme, de tout déterminisme, et de ce qu’il  appelle « la pensée héritée ». Il s’agit d’un tout autre imaginaire que celui du stade du miroir, puisqu’il évoque entre autres pour l’expliciter la possibilité d’envisager une composition musicale. Il s’agirait d’explorer cette piste de travail mais aussi toutes celles qui nous viennent de notre clinique des psychoses et des états-limites. De fait de nombreux auteurs, dès lors qu’ils se sont confrontés à la clinique, ont produit d’autres conceptions de l’imaginaire : que l’on pense au « premier rassemblement » (coming together) de Winnicott, à  l'espace imaginaire de "l'autre scène" exploré par Octave Mannoni, à la gestaltung de Jean Oury, et à bien d’autres. Depuis longtemps nous nous y trouvons à notre tour confrontés quand il s’agit de restaurer « l’image inconsciente du corps »(G. Pankow) abimée d’un patient, sa capacité à rêver, à s’ouvrir à la possibilité de l’amour. L’importance que nous accordons à la narrativité, mais aussi aux productions plastiques des patients, à leur accès à un espace imaginaire fait partie de notre souci quotidien. Notre propre capacité à rêver, fantasmer ce qui se joue dans l’espace du transfert ne saurait se réduire au seul registre du symbolique, alors que nous nous préoccupons de l’ambiance, du sensible et du tact. Enfin nous ne pouvons plus penser ce qui se joue pour un sujet sans tenter de l’articuler avec ce qui se passe dans le Monde, et  donc aux « productions imaginaires du social-historique ». Est-ce une autre manière d’envisager la « double aliénation », concept crucial de la Psychothérapie Institutionnelle ? Sans doute, mais en insistant aussi sur la nécessité actuelle de repenser notre réalité clinique et institutionnelle en prise avec une « nouvelle raison du monde »(P. Dardot et C. Laval) néolibérale. Une raison qui  engendre une vision réifiée des sujets en souffrance, rabattement sur un imaginaire comptable, marchand, où chacun se trouve mis en concurrence avec tous.
Il nous resterait donc à repenser cette catégorie de l'imaginaire qui permet au sujet de soutenir une utopie concrète se passant de toute terre promise comme de toute réconciliation du sujet avec lui-même. Sans cette utopie, ce mirage nécessaire porté par l’illusion, comment  pourrions-nous  imaginer une vie désirable, condition indispensable pour un travail  qui élabore avec la psychanalyse le rapport du sujet à son "désir inconscient inaccessible"?
                                                                                               Patrick CHEMLA


Bibliographie  :

- Cornelius  Castoriadis :
 - Carrefours du labyrinthe, Tome 5 Fait à Faire, aux éditions Points Essais 2008.
- Jean Oury : Séminaire « la décision » et séminaire « Création et Schizophrénie », aux Editions Galilée 1989.
 "Les symptômes primaires de la schizophrénie" aux éditions d'Une, 2016, disponible également au centre Antonin Artaud 
- Donald Winnicott Jeu et Réalité, aux éditions Gallimard 2015.
   -Gisela Pankow : L'homme et sa psychose, ed Flammarion, 2009  
 l'Etre-là du schizophrène, ed Flammarion 2011     
Textes sur l’imaginaire dans le blog de la Criée :
- Articles et interviews de Castoriadis sur le blog de la Criée (http://lacriee51.blogspot.fr/)
- Livres de Arnaud Tomes :
1  Cornelius Castoriadis, «  L’imaginaire comme tel », avec une très bonne introduction pédagogique à la pensée de Cornelius  Castoriadis (aux éditions Hermann 2007)

2 Cornelius  Castoriadis : l’Imaginaire, le Rationnel et le Réel, aux éditions Demopolis 2015.


Le séminaire cette année se centrera sur l'étude du livre de Jean OURY "Les symptômes primaires de la schizophrénie"et donc de l'entrecroisement des approches qu'il articule : phénoménologie, pensée de Jean LACAN, de Giséla PANKOW et de quelques autres...



Conférences – débats  et Séminaires


Fin de la saison 2017 -2018.




Annonce des XVI Rencontres de la CRIÉE : les 31mai,1er et 2 juin 2018
Vous pouvez vous inscrire dès maintenant !
Renseignements et inscriptions auprès de :
Julie MESTRUDE : j.mestrude@epsm-marne.fr
 Et Sabrina CHIBANI
Centre de Jour A. Artaud – 40 rue Talleyrand – 51100 REIMS
Tél. : 03.26.40.01.23 – Fax : 03.26.77.93.14  g04.extra@epsm-marne.fr

vendredi 4 mai 2018

XVI RENCONTRES de la CRIÉE 2018 L'imaginaire dans la Clinique Vendredi 01 et samedi 2 juin 2018





L'imaginaire dans la clinique

            Nous avons travaillé les années précédentes sur «le Collectif à venir», ce qui nous a conduits à relire plusieurs séminaires de Jean Oury, mais aussi à revisiter la catégorie de l’imaginaire. L’enjeu des «praxis instituantes» pour reprendre le terme de Pierre Dardot et Christian Laval, nous a renvoyés à une première lecture de l’élaboration de Cornelius Castoriadis. Celui-ci produit très tôt la catégorie de l’imaginaire radical, à entendre dans ses deux acceptions : à la racine du sujet, mais aussi dans son inscription dans les «productions imaginaires du social-historique». Là où Lacan mettait le symbolique, puis le Réel, au cœur de la problématique du sujet, Castoriadis place donc l’imaginaire radical, manière de se détacher très tôt du structuralisme, de tout déterminisme, et de ce qu’il  appelle «la pensée héritée». Il s’agit d’un tout autre imaginaire que celui du stade du miroir, puisqu’il évoque entre autres pour l’expliciter la possibilité d’envisager une composition musicale. Il s’agirait d’explorer cette piste de travail mais aussi toutes celles qui nous viennent de notre clinique des psychoses et des états-limites. De fait, de nombreux auteurs, dès lors qu’ils se sont confrontés à la clinique, ont produit d’autres conceptions de l’imaginaire : que l’on pense au «premier rassemblement» («comingtogether») de Winnicott, à  l'espace imaginaire de "l'autre scène" exploré par Octave Mannoni, à la Gestaltung de Jean Oury, et à bien d’autres. Depuis longtemps, nous nous y trouvons à notre tour confrontés quand il s’agit de restaurer «l’image inconsciente du corps» (G. Pankow) abimée d’un patient, sa capacité à rêver, à s’ouvrir à la possibilité de l’amour. L’importance que nous accordons à la narrativité, mais aussi aux productions plastiques des patients, à leur accès à un espace imaginaire fait partie de notre souci quotidien. Notre propre capacité à rêver, fantasmer ce qui se joue dans l’espace du transfert ne saurait se réduire au seul registre du symbolique, alors que nous nous préoccupons de l’ambiance, du sensible et du tact. Enfin, nous ne pouvons plus penser ce qui se joue pour un sujet sans tenter de l’articuler avec ce qui se passe dans le Monde, et  donc aux «productions imaginaires du social-historique». Est-ce une autre manière d’envisager la «double aliénation», concept crucial de la Psychothérapie Institutionnelle ? Sans doute, mais en insistant aussi sur la nécessité actuelle de repenser notre réalité clinique et institutionnelle en prise avec une «nouvelle raison du monde» (P. Dardot et C. Laval) néolibérale. Une raison quiengendre une vision réifiée des sujets en souffrance, rabattement sur un imaginaire comptable, marchand, où chacun se trouve mis en concurrence avec tous.
Il nous resterait donc à repenser cette catégorie de l'imaginaire qui permet au sujet de soutenir une utopie concrète se passant de toute terre promise comme de toute réconciliation du sujet avec lui-même. Sans cette utopie, ce mirage nécessaire porté par l’illusion, commentpourrions-nous  imaginer une vie désirable, condition indispensable pour un travail  qui élabore avec la psychanalyse le rapport du sujet à son "désir inconscient inaccessible"?
                                                          
                                                                                   Patrick CHEMLA










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Jeudi 31 mai à 20h30 au cinéma Opéra à Reims

Diffusion du film de Nicolas Contant

"Nous les intranquilles"

Suivie d’un débat avec le cinéaste et le groupe cinéma du Centre Artaud


            "Nous les intranquilles" est un film collectif qui commence au centre Artaud, centre d’accueil psychothérapeutique. Le groupe cinéma du centre raconte la maladie, la thérapie, leur rapport au monde. Après un premier geste documentaire, le film devient participatif et met en scène son élaboration en collectif.

            A travers leur autoportrait, les personnages cherchent à donner une image humaine de la folie. Ils s’amusent des idées reçues pour mieux les subvertir. En s’emparant tous ensemble du projet artistique, ils démontrent par l’exemple qu’un autre monde est possible.

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Tolten ponctuera les Rencontres par des interventions poétiques.



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Vendredi 1 juin de 9h00 à 13h00

Séance plénière

Président :      Patrick Chemla 
Discutant :      Pascale Hassoun
Intervenants : Guy Dana : "Quand Artaud inspire une politique pour la folie"
                        Anna Angelopoulos: "Figurations de l’énigme"
                        Leslie Kaplan : "Plutôt la vie"








Vendredi 1 juin de 14h30 à 18h00

6 ateliers


Atelier 1 : CLINIQUE

-  Animateur : Christophe Chaperot
-  Intervenants 
Thérèse Zampaglione et Michelle Portelette : "Le fil file, le chemin chemine"
Service de psychiatrie adulte du CH intercommunal d’Amboise
Château Renault et l’Association culturelle Thé Vert : Janice Dupont, Corinne Charpentier, Marie Brigant : "Luttes au pis de la grenouille"
Club Trouble (s) Fête, CH Les Murets, la Queue en Brie : Parviz
Denis,PaulaProuhèze, Sylvie Pietrzak, Ibrahim Laabassi, Nader                      Aghakhani :"Comment rêver ensemble? Expérience d’un café associatif"
Yacine Amhis et Christelle Guillemin : "Mordus du transfert"

Atelier 2 : CLINIQUE

-  Animatrice : Géraldine Delcambre
-  Intervenants :
Unité Tosquelles, Reims : Morgane Vattepin, Samuel Thivet et
Céline Dépit : "Acculturation et fausses croyances"
Unité Sholem, Reims : BasmaHermi, Brahim Lounis et Khédija Alim :             "L’écume du soin"
Sarah Colin : "Une traversée"
Eric Wargny : "Virtuelle réalité"
Service Psychiatrie B, Abbeville : Adrien Altobelli, Rémi Poilly,
Caroline Dingeon : "Les rêveurs éveillés"


Atelier 3 : CLINIQUE ET TRANSMISSION 

-  Animatrice : Annie Topalov 
-  Intervenants 
Autobus 975 : Margot Paolucci et Mathieu Braun : "Autobus 975 : ceci n’est pas un bus !"     
Benjamin Royer, Alfredo Olivera et l’équipe d’Asnières sur Seine :  "Good morning Villetaneuse!!!"
José Morel Cinq-Mars : "Schéhérazade, Violette, McEnroe et moi : les voies surprenantes et mystérieuses de la transmission
Laure Thierion : "Tout contre"
Anne-Line Fournier : "Relaxation, méditation corporelle, une pause pour les maux
IME La Pinède : Julie Ahmad, Charly Frémaux : "Débris-collages"


Atelier 4 : CLINIQUE ET POLITIQUE

-  Animateur : Serge Klopp
-  Intervenants :
Pierre Kammerer : "Enfants adoptés : Ecrire l’Abandon"
Françoise Nielsen : "L’imaginaire politique dans la clinique"
Marie-France et Raymond Negrel : "L’engagement dans une clinique de l’humanité"
FaïkaMedjahed : "Face au réel paralysant, une seule issue l’imaginaire
CATTP Lou Blaî Marseille : Alain Abrieu, Anne Bacci, Marie-Pierre Muzy, Patrick Perrot, Hamid Soltani, Marie-Claude Taliana: "Le fond de l’air effraie"


Atelier 5 : ENFANCES ET ADOLESCENCES

-  Animateur : Pierre Delion
-  Intervenants : 
Loriane Bellahsen : "On va libérer nos histoires"
Michèle Benhaïm : "L’adolescence à l’épreuve du contemporain"
Danièle Epstein : "De la violence adolescente à la terreur, la pression de l’originaire"
Tristan Garcia Fons et Jean François Solal : "Fantaisie et création dans               la clinique juvénile"


Atelier 6 : CRÉATION ET CLINIQUE 
-  Animateur : Thierry Delcourt
-  Intervenants : 
Simone Molina : "Du poème à l’essai, de l’essai au recueil : une histoire incandescente"
Marie Dorsan : "Une passion pour le Y"
Blandine Ponet : "Tracer la frontière"
Laurence Marchand : "Il y a"    
Equipe du Docteur Sophie Sirère - secteur 13G14 CH Edouard Toulouse pôle13G14, Marseille : "Soyons fous"
           



20h00 précises

"L’indien au-delà des miroirs"
Simone Molina
Texte dit par l'auteure, avec le batteur Thomas Chemla et le pianiste Emmanuel Pedon

La lecture sera suivie du repas pour les inscrits (avec apéritif sur table)



Samedi 2 juin de 9h00 à 13h00

Actualités de la Psychiatrie

Animateur :    Philippe Bichon, Collectif des 39, Clinique de la Borde

Collectifs intervenants :        
Tricotage Collectif : HumaPsy - Psy, soins et accueil
Soin Psy Imagination et Solidarité Le poulailler, les moussaillons et la machine à café"
TRUC (Terrain de Rassemblement Pour l’Utilité des Clubs)
FIAC (Fédération Inter Association Culturelles) : Pascal Crété
Association Culturelle du Personnel de Saint-Alban Céline Pascual-Vidal
AMPI (Association Méditerranéenne de P I ) Alain Abrieu
L’UNAFAM Reims
Collectif des 39 Enfance : Cécile Bourdais
Le Fil Conducteur : Catherine Skiredj-Hahn, Christian Lamotte
Patrick Sadoun : Président fondateur d’Autisme Liberté et du RAAHP (Rassemblement pour une Approche des Autismes Humaniste et Plurielle)
Patrick Landmann, Initiateur de l’appel "STOP DSM", Paris


Samedi 2 juin de 14h30 à 18h00

Séance plénière

Président :      HeitorO’Dwyer De Macedo
Discutant :      Mathieu Bellahsen
Intervenants : PierreDardot : "L’imaginaire du commun" 
                        RadmilaZygouris: "L’enfant-monde et le principe de conception"
                        Patrick Chemla: "L’imaginaire radical d’une traversée"

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Liste des intervenants
Abrieu Alain : Psychiatre Chef de service, AMPI (Association Méditerranéenne de Psychothérapie Institutionnelle), Marseille.
Aghakhani Nader : Psychologue, La Queue en Brie.
Ahmad Julie : Psychologue clinicienne, Jacou près de Montpellier.
Alim Khédija : Aide-soignante, Reims.
Altobelli Adrien : Psychiatre, Abbeville.
Amhis Yacine : Psychiatre et Psychanalyste, Reims.
Angelopoulos Anna : Psychanalyste et Anthropologue, Paris.
Association Culturelle du personnel de Saint-Alban.
Bacci Anne : Infirmière, Marseille.
BellahsenLoriane : Psychiatre Chef de service du centre Françoise Grémy, Paris 15, Psychiatre au CMPP Pichon Rivière Paris 10; Association UTOPSY.
Bellahsen Mathieu : Psychiatre Chef de service, Asnières sur Seine; Association UTOPSY.
Bourdais Cécile : Maître de conférence à l’UFR Paris 8, Collectif des 39 Enfance.
Braun Matthieu : Etudiant en Médecine et membre de l’association Autobus 975, Reims. 
Benhaïm Michèle : Psychanalyste, Professeur de psychopathologie clinique à l’université d’Aix-Marseille (AMU), Responsable du master en psychanalyse.
Bichon Philippe : Psychiatre, Collectif des 39, Clinique de La Borde.
Brigant Marie : Psychiatre, Amboise.
Chaperot Christophe : Psychiatre Chef de service et Psychanalyste, Abbeville.
Charpentier Corinne : Assistante Sociale, Amboise.
Chemla Patrick : Psychiatre Chef de service et Psychanalyste, Reims.
Club Trouble (s) Fête : CH Les Murets, La Queue en Brie.
Colin Sarah : Psychiatre et Psychanalyste, Reims.
Commission Psy, Soins et Accueil, Debout !! 
Crété Pascal : Psychiatre et Psychanalyste, Caen.
Dana Guy : Psychiatre Chef de service et Psychanalyste, Président du Cercle Freudien.
Dardot Pierre : Philosophe, Paris.
Delcambre Géraldine : Psychiatre, Reims.
Delion Pierre : Professeur de psychiatrie et Psychanalyste, Lille.
Delcourt Thierry : Psychiatre et Psychanalyste, Vice-président du Syndicat National des Psychiatres Privés, Reims.
Denis Parviz : Psychiatre Chef de secteur, La Queue en Brie.
Dépit Céline : Cadre de Santé, Reims.
Dingeon Caroline : Psychologue, Abbeville.
Dorsan Mary : Infirmière et Ecrivain, Paris.
Dupont Janice : Infirmière, Amboise.
Epstein Danièle : Psychologue, Psychanalyste, membre du Cercle Freudien et de l’Association Psychanalyse et Médecine, Membre du CERT (Centre d’Etude des Radicalisations et de leurs Taitements), Paris.
Fournier Anne-Line : Infirmière, Reims.
Frémaux Charly : Educateur spécialisé, Formateur Vacataire, Jacou près de Montpellier.
Garcia Fons Tristan : Pédopsychiatre et Psychanalyste, Paris.
Guillemin Christelle : Psychologue, Reims.
Hassoun Pascale : Psychanalyste, Paris.
HermiBasma : Aide-soignante, Reims.
HumaPsy, Association de patients, Reims.
Kammerer Pierre : Docteur en psychologie, Psychanalyste, Grenoble.
Kaplan Leslie : Ecrivain, Paris.
Klopp Serge : Infirmier Cadre de santé en retraite, Collectif des 39, militant associatif Ville Evrard.
Laabassi Ibrahim : Infirmier, La Queue en Brie.
Lamotte Christian : Le Fil Conducteur, Paris.
Landmann Patrick : Psychiatre et Psychanalyste, Initiateur de l’appel «STOP DSM», Paris.
Lounis Brahim : Aide-soignant, Reims.
Marchand Laurence : Psychanalyste, Paris et Reims.
MedjahedFaïka : Psychanalyste, Alger.
Molina Simone : Psychanalyste et Écrivain , Présidente du Point de Capiton, Vaucluse.
Morel Cinq-Mars José : Psychologue et Psychanalyste, Montreuil.
Muzy Marie-Pierre : Infirmière, Marseille. 
Negrel Marie France : Infirmière psychiatrique à la retraite, Marseille. 
Negrel Raymond : Infirmier psychiatrique, Cadre de santé à la retraite, Marseille. 
Nielsen Françoise : Psychanalyste, Paris.
O’Dwyer de Macedo Heitor : Psychanalyste, Paris.
Olivera Alfredo : Psychologue clinicien (Asnières sur Seine), fondateur de la Radio Colifata à Buenos Aires et de la Radio Sans Nom.
Paolucci Margot : Etudiante en Médecine et membre de l’association Autobus 975, Reims.
Pascual-Vidal Céline : Infirmière, Association culturelle de Saint-Alban.
Perrot Patrick : Cadre de Santé, Marseille.
Pietrzak Sylvie : Cadre de Santé, La Queue en Brie.
Poilly Rémi : Infirmier, Abbeville.
Ponet Blandine : Infirmière psychiatrique à la retraite, Ecrivain, Toulouse.
Portelette Michèle : Infirmière psychiatrique, Reims.
Prouhèze Paula : Cadre Supérieur de Santé, La Queue en Brie.
Rajablat Marie : Soin Psy Imagination et Solidarité.
Royer Benjamin : Psychologue, Asnières sur Seine.
Sadoun Patrick : Président fondateur d’Autisme Liberté et du RAAHP (Rassemblement pour une Approche des Autismes Humaniste et Plurielle), Paris.
Sirère Sophie : Psychiatre Chef de Service, Marseille.
Skirejd-Hahn : Le Fil Conducteur, Paris.
Solal Jean-François : Psychiatre et Psychanalyste, Paris.
Soltani Hamid : Infirmier, Marseille.
Taliana Marie-Claude : Infirmière, Marseille.
Thierion Laure : Psychologue, Reims.
Thivet Samuel : Infirmier, Reims.
TRUC : Terrain de Rassemblement Pour l’Utilité des Clubs.
Tolten : Poète décalé, Montpellier.
Topalov Annie : Psychanalyste, Paris.
UNAFAM : Reims
Vattepin Morgane : Infirmière, Reims.
Vignes Jean : Soin Psy Imagination et Solidarité.
Wargny Eric : Pédopsychiatre Chef de service, Épernay / Châlons-en-Champagne.
Zampaglione Thérèse : Psychologue et Psychanalyste, Reims.
ZygourisRadmila : Psychanalyste, Paris.






Bulletin d’inscription

XVIèmes Rencontres de La C.R.I.E.E.
L'imaginaire dans la clinique

Jeudi 31mai, Vendredi 1 et Samedi 2 Juin 2018



M…………………………………………………………………………………………..……….……..
Adresse ……………………………………………………………….…….….……………………...
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Mail ………………………...…………………………………………………………………………...

Tel ………………………………………………………………………………..……… 

Au titre de la Formation Continue :       

 260 € (incluant les deux repas de midi et les actes des Rencontres et la projection du film le jeudi soir)                                                                                       

Sera présent à la projection du film         
Ne sera pas présent à la projection du film 

Déclaration d'activité enregistrée sous le numéro : 21510164151
N° SIRET: 442 941 365 00029 - Code NAF : 9499Z

A titre individuel :

Inscription au Colloque :                                                                    130 € 
Repas vendredi midi :                                                                           25 € 
Repas samedi midi :                                                                               25 € 
                   
 Inscription étudiant, chômeur (sans repas) :                                  20 €  par jour             

 Projection du Film "Nous les intranquilles" :                                   4 €                              

 Repas festif du vendredi soir :                                                           50 €                              



Renseignements et inscriptions auprès de :
Julie MESTRUDE :      j.mestrude@epsm-marne.fr
 Et Sabrina CHIBANI : g04.extra@epsm-marne.fr
Centre de Jour A. Artaud – 40 rue Talleyrand – 51100 REIMS
Tél. : 03.26.40.01.23 – Fax : 03.26.77.93.14

 

*Chèque à l’ordre de la CRIEE