XXèmes RENCONTRES DE LA CRIEE : "Pour une psychiatrie humaniste fondée sur l’accueil", vendredi 12 et samedi 13 mars 2027 au Centre des Congrès de Reims
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XXèmes RENCONTRES DE LA CRIÉE
Pour une psychiatrie humaniste fondée sur l’accueil
Co-organisées avec les CEMEA
Vendredi 12 et samedi 13 mars 2027
au Centre des Congrès de Reims
Depuis les années 90, nous assistons avec inquiétude au détricotage d’une psychiatrie humaniste, qui trouvait son origine à St Alban dans l’intime intrication d’une résistance au nazisme et de l’invention progressive d’une nouvelle méthode de soins psychiatriques fondée sur la socialthérapie. Ce mouvement tenta d’articuler le savoir médical, celui de la psychanalyse et des sciences humaines en s’appuyant sur l’expérience de la relation soignante dans des équipes. Entre les circulaires de 1960 et la loi de 1985, il fallut traverser bien des résistances pour que la politique de secteur soit actée. Mais dès la promulgation de la loi, des procédures d’évaluation commencèrent à s’imposer avec la volonté de faire accepter aux équipes soignantes la mise en concurrence généralisée. Alors que nous avions cru à une émancipation de la psychiatrie, c’est une nouvelle politique néolibérale qui s’imposait insidieusement. La Criée s’est toujours tenue à contre-courant, en essayant d’influer sur les pratiques psychiatriques à partir d’expériences de terrain pouvant témoigner de la valeur inestimable de la relation. A l’opposé de cette démarche partant de l’expérience, l’appareil d’État, bientôt entouré par des lobbies privés, a voulu faire croire par le biais d’un discours pseudo-scientifique, démonté depuis par François Gonon, au mirage « d’une psychiatrie de précision ». Cette « rhétorique de la promesse » s’est épuisée aux USA chez les promoteurs des DSM, reconnaissant la vanité de leurs recherches. Pourtant l’offensive contre la psychiatrie humaniste ne cesse de se renforcer, allant jusqu’à des amendements et des projets de lois liberticides, voulant interdire les pratiques inspirées par la psychanalyse, mais aussi installer des « centres experts » délivrant des étiquettes diagnostiques. Or la psychiatrie se trouve aujourd’hui sinistrée en raison du manque de moyens, mais aussi d’une souffrance éthique en rapport avec la destruction du sens du travail. Des réactions vigoureuses ont heureusement surgi à partir de nombreux professionnels engagés, ainsi que des personnes concernées : pétitions et rassemblements se succèdent pour faire le même constat, avec une transformation encourageante de l’accablement en révolte créatrice. Ces XXèmes Rencontres de la Criée entendent participer de ce mouvement de riposte et de reconstruction d’une psychiatrie relationnelle et humaniste prenant le temps de l’accueil, du soin et de l’écoute. Toutes les expériences seront utiles dans ce moment de rassemblement hétérogène, où nous n’oublions pas que nos pratiques ont surgi sur fond de résistance et dans des conditions autrement périlleuses. Dans ce moment de catastrophe, il va s’agir de lutter contre les processus de déliaison en soutenant les processus désirants qui continueront de surgir de façon imprévisible.
