Conférence-débat de la Criée : Pierre Dardot : "Cosmopolitique transnationale ou néofascisme", le samedi 17 janvier 2026
Conférence-débat de la Criée
Pierre Dardot, philosophe
Cosmopolitique
transnationale
ou néofascisme
Le samedi 17 janvier 2026 à 15h30
au Centre Antonin Artaud, 40 rue de Talleyrand à Reims (entrée libre)
Discussion : Fanny Rebuffat, psychiatre
Cosmopolitique transnationale ou néofascisme
La situation présente a de quoi désorienter. La montée du fascisme brouille les repères les plus familiers : le nationalisme le plus agressif s’y conjugue avec un « internationalisme paradoxal" qui prend la forme d’un interventionnisme débridé dans les affaires d’autres pays (ainsi Trump en Argentine et au Honduras). La violation ouverte du droit international s’y légitime par la volonté de rejeter toute forme de transnationalité (au premier chef celle de l’Europe) au nom de la suprématie des Etats-nations regardés comme les seules unités politiques acceptables. Dans cette vision le monde est divisé en zones d’influence selon la logique impériale des deux « hémisphères » : non pas l’hémisphère Nord et l’hémisphère Sud, mais l’hémisphère « occidental », qui revient aux UA, et l’hémisphère « oriental », que se disputent les autres puissances (Russie, Chine, Inde).
A l’évidence, ressasser les formules héritées du passé nous condamnerait à l’impuissance. L’internationalisme classique faisait de l’homogénéité du monde matériel le fondement à partir duquel dépasser la pluralité des États-nations. Les cosmopolitismes faisaient de l’unité du monde le fondement d’une nouvelle citoyenneté qui avait perdu tout caractère politique à force de gagner en extension. Prenant appui sur les mouvements transnationaux et leurs pratiques transfrontières (formes d’autogouvernement territorial, féminismes combattant le patriarcat, mouvement écologiques et paysans contre l’extractivisme, peuples autochtones défiant les Etats-nations), la cosmopolitique doit traverser les subdivisions administratives et les frontières étatiques pour se fonder sur les milieux de vie comme milieux communs.
En ce sens elle invite à une refondation radicale de la démocratie et de la citoyenneté à partir de l’exigence d’habitabilité de la Terre. Une multiplicité des modes d’habitation pour une même Terre, telle pourrait en être la formule.
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