Séminaire de la Criée - "Le Collectif" de Jean Oury - Prochaine séance : mardi 19 mai 2026


Séminaire de la Criée - "Le Collectif" de Jean Oury

Le séminaire de la Criée se tiendra sur le thème de l’année, et en particulier sur la lecture du séminaire de Jean Oury : « Le Collectif – Le Séminaire de Sainte-Anne » (Champ Social Éditions, 2005).

Lire ensemble le séminaire sur le Collectif, c’est recueillir et interpréter ce moment crucial du séminaire de Jean Oury. Il va y déployer une grande part de sa conceptualisation et en particulier faire émerger cette figure du Collectif, « machine abstraite », qu’il distinguera soigneusement de la masse freudienne, de « l’être collectif », mais aussi de l’équipe soignante.

Cette « machine abstraite » serait un outil essentiel pour traiter la double aliénation : pas de thérapie possible sans ce traitement, cette analyse institutionnelle permanente du Collectif. Autant dire que ce concept renvoie sans cesse aux vecteurs de singularité à faire émerger du travail en commun.

Cette conceptualisation construite à partir d’une longue élaboration est toujours d’actualité dans toutes les institutions soignantes, mais aussi sociales et médico-sociales.  

 

Prochaine date : Mardi 19 Mai 2026, à 19h30

 (changement d'horaire habituel )

Centre Antonin Artaud, 40 rue Talleyrand, Reims

Frantz Fanon

Peau noire, masques blancs


Cette séance ainsi que celle du mois de Juin seront consacrées à la lecture et à la discussion de l’œuvre de Fanon.
En particulier « Peau noire, masques blancs ».
Le 19 mai nous procéderons à une première lecture de ce livre inaugural, et en particulier du chapitre « l’expérience vécue du noir » qui fut publié en primeur dans la revue Esprit en 1951.

Fanon y exprime tout son déchirement par rapport à son expérience vécue, et sa discussion ininterrompue avec Jean Paul Sartre qu’il désigne comme son ami mais aussi comme « son Autre ».

Ce déchirement entre une expérience vécue et un désir d’existence au monde constitue à bien des égards un point de fondation critique de son parcours ultérieur, et son point de vue paradoxal sur la désaliénation .

Lynda Bensid, psychiatre, interviendra dans le cours de cette séance à partir d’une prise en charge clinique.

Nous poursuivrons en Juin avec une intervention de Sabrina Bouchair, psychiatre.
La date du séminaire de Juin change en raison des lectures théâtrales du Centre Antonin Artaud !

Le séminaire de Juin se tiendra donc le mardi 16 juin à 19h30







Dates du séminaire (à 20h30 au Centre Antonin Artaud) : 

  • Mardi 18 novembre 2025
  • Mardi 20 janvier 2026
  • Mardi 24 mars 2026 
  • Mardi 19 mai 2026 19h30
  • Mardi 23 juin 2026  Mardi 16 juin 2026 19h30

Renseignements : g04.extra@epsm-marne.fr ou 06.80.20.15.79

Bibliographie : 

 
Argument de la première séance (du mardi 18 novembre) : 
 
Désaliénation est un concept de Fanon que l’on peut retrouver autrement chez Tosquelles et Oury. Il serait utile de lire Fanon et d'entrecroiser cette lecture avec celle de Jean Oury.
Pour la bibliographie sommaire :
Frantz Fanon portrait, livre d’Alice Cherki publié en poche.
Le séminaire Le Collectif de Jean Oury qui a été réédité.
Bien sûr la lecture des œuvres de Fanon réédités en poche serait un supplément fort utile.
Et en particulier ses textes psychiatriques édités par Adam Shatz : écrits sur l’aliénation et la liberté.
On pourra aussi consulter la nouvelle biographie de Fanon par Adam Shatz.
Et surtout les autres séminaires de Oury : Hiérarchie et sous-jacence, Séminaire sur l’aliénation…
Je ferai un exposé introductif au séminaire de novembre. L’ampleur de ce qui est à développer nécessiterait plusieurs séances et plusieurs voix.

Patrick Chemla
 

Argument de la séance du mardi 24 mars : 

 

Des arrières-pays

Nous vous invitons pour cette séance du séminaire à approcher des gestes d’institutionnalisation -gestes instituants- depuis plusieurs expériences collectives du XXe siècle, comme en Espagne en 1936 au sein de la colonne Durruti combattant les franquistes et portant la révolution; en Crète au XXème siècle au sein de la Confrérie des lépreux sur l’île de Spinalonga, déjouant la logique concentrationnaire des politiques de déportation des fous, des lépreux et des militants politiques sur les îles grecques.

À partir de ces expériences nous questionnerons la manière de considérer le collectif et les processus d’institutionnalisation dans des situations où il est difficile de tracer les contours de l’institution. Nous soulignerons comment les arrières-pays d’une pratique sculptent les élans et le quotidien de celle-ci comme le furent, par exemple, les Auberges de Jeunesse pour la psychothérapie institutionnelle.

Nous devons, dans l'actuel, faire le récit des «expériences de liberté» (Michèle Riot-Sarcey) et de la «traversée des frontières» (Jean-Pierre Vernant) qu'elles supposent, en interrogeant leurs disparitions et en relevant leurs résurgences dans l'Histoire.

«La liberté est une pratique et c'est ce qui doit s'exercer» (Michel Foucault).

Aurore Le Nail et François Marcelly-Fernandez